Al-Laṭīf - Le Subtil

Est digne de ce Nom Celui qui possède une connaissance parfaite des aspects délicats et subtils, et des détails des choses bénéfiques, mais aussi leurs aspects obscurs et cachés, et qui est capable de les rendre accessibles à ceux qui en sont dignes, avec douceur et non avec rudesse. La subtilité divine réside dans l’union parfaite de la connaissance et de l’action, et cette perfection n’est possible qu’en Dieu.

Une exposition détaillée de la connaissance Divine des détails infimes et des secrets est totalement impossible. Il suffit de dire que l’objet caché est aussi accessible à sa science que l’objet visible. Il n’y a strictement aucune distinction entre les deux. Sa douceur et sa subtilité dans l’action sont également sans limite Seul celui qui connaît les détails de Ses actes et les raffinements de Sa douceur peut saisir quelque chose de cette subtilité. Ainsi, la compréhension du Nom al-Laṭîf est proportionnelle à la connaissance de ces choses.

L’exposé de cette subtilité divine est naturellement infini, et il est impossible de rendre justice à plus d’une fraction infime de ce sujet, même en de nombreux volumes. Néanmoins, on peut donner quelques exemples explanatoires. Par exemple, une facette de cette délicatesse se manifeste dès la création du fœtus dans le ventre maternel, plongé dans trois ténèbres superposées. Dieu le préserve et le nourrit par le cordon ombilical jusqu’au moment où il devient autonome et commence à s’alimenter par la bouche. À ce moment, Dieu lui inspire instinctivement à chercher le sein maternel, à l’attraper et à téter, même dans l’obscurité, sans qu’il n’ait jamais appris ni observé ce geste. Un autre exemple est la subtilité qui se retrouve dans la production de la nourriture que l’homme consomme sans effort direct : de la préparation de la terre à la récolte, du broyage et du pétrissage à la cuisson, une multitude de personnes et de procédés coopèrent de manière invisible pour qu’un simple aliment arrive sur la table. Cette subtilité divine se manifeste également dans les phénomènes naturels et les productions de la création : le lait pur extrait du corps de la mère nourricière, la transformation de pierres dures en gemmes précieuses, le miel produit par les abeilles, la soie du ver et la perle issue du coquillage. Parmi toutes ces merveilles, l’exemple le plus saisissant demeure la création de l’homme à partir d’un simple sperme impur, puis son élèvement au rang de dépositaire de la science divine, porteur du dépôt sacré et témoin des royaumes célestes. Cette élévation illustre une subtilité qui dépasse toute définition humaine.

Cette coordination infiniment complexe manifeste l’action du Sage qui formule le plan, du Généreux qui les exécute, du Formateur qui leur donne leurs formes, du Juste qui place chaque chose en sa juste position, et du Subtil qui fait tout cela avec une exquise gentillesse. Qui ne perçoit pas la véritable nature de ces actes ne pourra jamais comprendre pleinement la portée de ces Noms divins.

Une expression frappante de la gentillesse divine réside dans le fait que Dieu donne à ses créatures plus que ce dont elles ont besoin tout en leur demandant moins que ce qu’elles sont capables de fournir. Une autre dimension de cette bienveillance consiste à rendre l’accès au bonheur éternel accessible, contre un effort modeste limité à la courte durée de la vie terrestre, laquelle ne saurait en aucune facon être comparée à l’éternité.

La part de l’homme dans cette qualité consiste à manifester douceur et bienveillance envers les créatures de Dieu, en les guidant gracieusement vers la vérité et le bonheur éternel sans mépris, ni rudesse, agressivité ou fanatisme. L’expression la plus authentique de cette subtilité se trouve dans la capacité à attirer autrui vers la vérité par la noblesse des qualités morales, par un comportement irréprochable et par des actions pieuses, plus éloquentes que de simples paroles.