

Ar-Raḥmān - Le Tout-Miséricordieux
Al-Raḥîm - Le Très-Compatissant
Ces deux noms dérivent du mot raḥma, signifiant miséricorde. Celle-ci suppose toujours l’existence d’un bénéficiaire qui en a besoin. La miséricorde de Dieu جل جلاله est parfaite et universelle : parfaite car lorsque Dieu جل جلاله veut combler les besoins de Ses créatures, il y parvient pleinement : universelle, car elle embrasse tous les êtres, qu’ils soient méritants ou non, dans la vie présente comme dans la vie future, et englobe aussi bien les nécessités essentielles que les bienfaits superflus. Dieu est ainsi le Compatissant absolu.
,صلى الله عليه وسلم Le nom al-Raḥmân est plus spécifique que al-Raḥîm ; il ne s’applique qu’à Dieu tandis que al-Raḥîm peut, dans une certaine mesure, être attribué à d’autres. En ce sens, al-Raḥmân se rapproche du nom propre Allâh (Dieu), qui, bien qu’indéniable- ment issu de raḥma, n’en reste pas moins un nom propre. Le Coran associe ces deux Noms dans ce verset : « Dis : Invoquez Dieu ou invoquez le Tout-Miséricordieux (al-Raḥmân). Quel que soit le Nom par lequel vous L’invoquez, à Lui appartiennent les Plus Beaux Noms. »45
Du fait de cette distinction et selon le principe que les Noms Divins ne sont jamais synonymes, il convient de distinguer la portée de chacun. Le sens de al-Raḥmân renvoie à une miséricorde inaccessible à l’homme, car il concerne le bonheur éternel dans l’au-delà. Al-Raḥmân accorde cette faveur à l’homme premièrement en le créant, deuxièmement en le guidant vers la foi et les causes du bonheur, troisièmement en le comblant de félicité dans la vie future, et quatrièmement en lui octroyant la vision de Son Visage Gracieux.
La part de l’homme dans le Nom al-Raḥmân consiste à faire preuve de miséricorde envers ceux qui se sont détournés de Dieu, en les ramenant à Lui par ses conseils et exhortations, avec douceur et sans dureté. Il doit voir les pécheurs avec compassion plutôt qu’avec reproche, et considérer chaque acte de désobéissance comme une calamité personnelle, œuvrant autant que possible pour y remédier, par miséricorde envers le pécheur qui, désormais exposé à la colère de Dieu, mérite d’être expulsé de sa proximité.
La part de l’homme dans le Nom al-Raḥîm est de ne jamais laisser un pauvre dans le besoin sans tenter de l’aider, ni un indigent dans son voisinage sans s’assurer de sa subsistance et alléger sa pauvreté, soit par ses biens, soit par son influence, ou en intercédant en sa faveur auprès d’autrui. S’il ne peut l’assister matériellement, il doit l’inclure dans ses prières, ressentir de la tristesse face à sa détresse, et manifester une sympathie et une compassion sincères, comme si cette misère était la sienne.

